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lundi 25 octobre 2010

L'univers de Neil Gaiman #3

Il est des auteurs que l'on aime et qui ne nous déçoivent jamais. Neil Gaiman est pour moi l'un d'entre eux et mon goût pour son univers se confirme d'autant plus à la lecture de "L'étrange vie de Nobody Owens".


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Nobody est un petit garçon normal. Si ce n'est qu'il vit dans un cimetière, qu'il apprend à lire dans l'obscurité les épitaphes des pierres tombales, et que tous ses proches, amis et famille, sont des fantômes!

L'explication de cette étrange vie tient en une nuit sans lune pendant laquelle toute sa famille a été massacrée par le Jack. Réfugié alors dans un cimetière, adopté par un couple de fantômes et protégé par un tuteur à la nature elle aussi énigmatique, Nobody va grandir et apprivoiser petit à petit le monde extérieur où une menace plane toujours sur son existence. En effet, le Jack est toujours là, et le cherche plus que jamais.

Une fois encore, me voilà enchantée par la lecture d'un texte de Neil Gaiman! Sa plume si précise et son univers si particulier poussent le lecteur sur une allée sombre de ce cimetière là, et l'embarquent dans un monde à la marge, entre les morts et les vivants, entre les Goules et les Chiens de Dieu, entre le pouvoir d'Effacement et celui de l'Effroi... mais au coeur de tous ces enchantements, il y a une place, sur un banc, réservé au spectateur ahuri.

L'auteur réussit là encore son coup. Dans cet espace à la frontière du réel, les références à la magie noire et aux mondes engloutis font dériver le lecteur loin de son port d'attache habituel, pour son plus grand bonheur. Pour couronner ce récit fantastique, les illustrations de Dave McKean (leur duo a déjà fait des merveilles par le passé), soulignent l'étrangeté et la douceur du cimetière, lieu de vie et de péripéties.


Un roman qui a déjà trouvé une place de choix chez les enfants lecteurs, et je comprends désormais pourquoi.


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samedi 11 septembre 2010

Les grand-mères ~ Doris Lessing


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"Lil et Roz, deux femmes mûres et encore belles, amies depuis toujours, passent l'été au bord de la mer. Mais l'affection qu'elles se portent s'est doublée peu à peu d'un amour très fort de chacune pour le fils de l'autre, marié et père de famille..."



Deux amies d'enfance sont très proches depuis toujours. Elles vivent ensemble les étapes importantes de leur vie: elles rencontrent leur mari respectif au même moment et ont chacune un fils. Une vie riche et réussie qui va pourtant se révéler amère quand chacune d'elle subit la perte de son homme. Le mari de Roz la quitte, quant à celui de Lil, il disparaît brutalement dans un accident de voiture. Leurs fils ont alors 17 ans. Chacun va entretenir une relation amoureuse avec la meilleure amie de leur mère.


Cet "inceste" croisé (alors que l'on peut se poser la question de la sexualité véritable des mères) va marquer à jamais les jeunes hommes qui se marieront tard et auront chacun une fille (hein, hein, le serpent va-t-il une nouvelle fois se mordre la queue?). Les mères, devenues grand-mères, occupent toujours une place à part dans cette drôle de famille dont le portrait est finement brossé par Doris Lessing.

Je suis complètement passée à côté de ce roman. Alors que le sujet appelle délicatesse et  profondeur dans l'analyse des personnages, j'ai eu l'impression de surfer en permanence avec le drame familial sur fond de grosse plaisanterie. La tension et le malaise ne sont abordés que superficiellement et la dimension psychologique des personnages est quasiment absente. La légèreté de ton et le manque d'épaisseur du récit m'ont vraiment décontenancée. 

Je sais bien que Doris Lessing a obtenu le Prix Nobel de Littérature en 2007... et pourtant, je n'ai pas été marquée par son récit qui manque cruellement de saveurs. Je ne suis peut être pas entrée dans son oeuvre littéraire par la bonne porte. Effet manqué. Dommage.

mardi 17 août 2010

La maison du sommeil ~ Jonathan Coe

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"De bien curieux événements se déroulent à Ashdown, inquiétante demeure perchée sur une falaise des côtes anglaises, devenue une clinique où le sinistre docteur Dudden se livre à de monstreuses expériences sur les troubles du sommeil. Par quelles coïncidences tous les personnages vont-ils s'y retrouver ? Et quelles transformations vont-ils subir ?"

Ashdown est une curieuse maison plantée dans la falaise dans laquelle vit un groupe d'étudiants. Le récit est construit sur deux niveaux: un premier qui a pour temporalité le présent des habitants et un second qui se place 12 ans plus tard, et qui a toujours  le même décor et les mêmes protagonistes.
La bâtisse est au coeur de l'intrigue ainsi que le mécanisme du sommeil...

A la lecture de la quatrième de couverture, j'en avais l'eau à la bouche: ah, voilà de l'étrange, du bizarre, une lecture qui va me filer les chocottes... mais bon, voilà, on sent bien que le suspense tape à la porte de l'esprit du lecteur mais il ne se décide définitivement pas  à y entrer. J'ai été déçue par la fin, déçue par le milieu et même déçue par le début. Je m'attendais à une narration plus construite, plus étoffée, surtout en 400 pages.

On se laisse prendre facilement par les détails des relations entre les personnages mais ce qu'on attend n'arrive jamais. Une surprise? Un rebondissement? Une intrigue voilée? Non, rien. Vraiment rien. Un roman qui m'a laissée perplexe. Pour l'exceptionnel et les yeux qui piquent, on repassera!