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samedi 16 octobre 2010

Suite(s) impériale(s) ~ Bret Easton Ellis

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"Clay revient à Los Angeles et retrouve ceux qu'il a connus dans sa jeunesse. Producteur associé à l'adaptation au cinéma de son dernier scénario, il participe au casting et fait tout pour séduire Rain, une jeune actrice sublime mais sans talent. Il découvre qu'il est constamment observé et suivi..." 

Evénement de cette rentrée littéraire, les articles sont nombreux et élogieux dans la presse, de quoi avoir une envie terrible de découvrir le petit dernier de cet auteur remarquable. J'attendais la sortie de ce livre avec une telle impatience que je me suis précipitée pour l'emprunter la première et me jeter corps et âme dans dans sa lecture. Et contre toute attente, un gros effet bof et une énorme déception...!

Clay retourne à Los Angeles 25 ans après "Moins que zéro"... On retrouve les thèmes chers à l'auteur: désenchantement et perte de soi dans le monde de superficialité et de manigance de Los Angeles, relations amoureuses éphémères et dévastatrices, tromperies et faux-semblants sur fond d'angoisses existentielles, sans oublier drogues, sexe et soirées en tout genre. Tout est là... et pourtant ça ne fonctionne pas. Le style est lui aussi superficiel, l'écriture sans épaisseur et l'intrigue mal menée. A l'image de la profession de Clay, c'est davantage un scénario rapide qui nous est livré ici plutôt qu'un roman construit et léché.

Chez Bret Easton Ellis, et plus particulièrement dans "Lunar Park" c'est cette atmosphère toute particulière, faite d'angoisse, de tensions psychologiques et de suspense à multiples facettes qui me plaît au plus haut point. Je m'attendais avec cet opus à frissonner une nouvelle fois mais j'ai, là encore, été déçue. Au lieu d'une ambiance finement rendue par le rythme du récit, c'est une pesanteur et une touffeur incroyables qui prennent le lecteur à la gorge.

Voilà, vous l'aurez compris... rien d'exceptionnel à ce nouveau roman tant attendu. Il vaut mieux  l'éviter et rester sur "Lunar Park" ou "American psycho", des romans vraiment réussis.



mercredi 15 septembre 2010

Moins que zéro ~ Bret Easton Ellis


Bret Easton Ellis n'est plus à présenter. Porte parole depuis 20 ans de la "New generation lost" et auteur du best seller "American psycho", il est considéré comme le chef de file de la littérature américaine contemporaine. En cette rentrée littéraire 2010, il occupe une nouvelle fois le devant de la scène  avec la sortie de son dernier roman: "Suite(s) Impériale(s)".

Annoncé par l'auteur comme la suite de "Moins que zéro" (le récit fait évoluer les mêmes personnages, mais cette fois, 25 ans après), je me devais de faire un come back sur ce livre, avant de me lancer pleine de ferveur dans la lecture du petit dernier. Ooh, je sens que je vais trembler jusque tard dans la nuit...

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"Un étudiant comme il faut se retrouve le temps d'un congé scolaire, plongé dans la société de Los Angeles où habite sa famille; adolescents aussi riches que blasés, bourrés de MTV, de cocaïne, d'héroïne et d'alcool, oscillant entre la piscine et la télévision, la bi-et l'homosexualité, la prostitution et les snurf movies..."



Voilà un état des lieux désenchanté et troublant de la société aisée de Los Angeles dont les enfants se laissent aller à une dramatique errance: drogues, "parties" en tout genre, sexe et violence sur fond de clips et de séances de jacuzzi... plus rien ne les arrête car ils ont tout et rien à perdre à la fois. Surfer sur la vague de leur propre génération désabusée et en souffrance, se livrer aux affres de l'immédiateté et planer pour oublier, voilà le programme des vacances de Noël d'un groupe d'étudiants de retour chez leurs parents.

Un texte sobre et acerbe à la fois. Un récit cru et sans ambages qui brosse le portrait de cette jeunesse à la dérive. On reconnaît tout le talent de Bret Easton Ellis pour plonger son lecteur dans la spirale du trash et de l'obscène. Une écriture qui donne le tournis et qui fait osciller entre anxiété et angoisse de la dégénérescence. Une lecture qui secoue. Excellent.

"Suite(s) Impériale(s)" au prochain numéro...




mercredi 1 septembre 2010

Middlesex ~ Jeffrey Eugenides

Le premier roman de Jeffrey Eugenides est "Virgin suicides" ou "Les vierges suicidées" pour la traduction française parue chez Plon en 1995. Bien évidemment, tout le monde se souvient de son adaptation au cinéma par Sofia Coppola en 1999 avec la sulfureuse Kirsten Dunst dans le rôle de l'aînée des cinq soeurs. L'excellente bande originale de Air a aussi marqué les esprits de toute une génération.
Une fois n'est pas coutume, j'ai vu le film sans savoir que c'était l'adaptation d'un roman. Alors quand "Middlesex" est sorti, il était temps que je découvre cet auteur.



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"Cal, ancien gardien de but de hockey sur gazon, né en 1960, porte le nom de Calliope Helen Stephanides sur son acte de naissance. Il s'agit pour elle de comprendre l'errance d'une famille au fort degré de consanguinité, la sienne, et du gène à l'origine de sa double nature, masculine et féminine. Prix Pulitzer 2003."


Cal est hermaphrodite et tout le roman est construit autour de cette réalité dont le lecteur est tout de suite informé. Issu d'une famille grecque réfugiée aux Etats- Unis, le personnage-narrateur remonte l'histoire de sa famille sur trois générations.

C'est dans ce passé familial que le narrateur retourne  au moment originel de son état sexuel. Il tente d'en expliquer toutes les dimensions et toutes les conséquences, qu'elles soient physiques ou psychologiques. Le portrait de cette famille est décrit avec finesse et densité. L'auteur maîtrise parfaitement les jeux d'allers et retours dans la temporalité.

On est vite transporté dans l'histoire captivante de cette famille, des liens familiaux qui sous- tendent de multiples subtilités psychologiques. Les dimensions temporelle et générationnelle créent une épaisseur narrative très confortable pour le lecteur.

Ce roman de près de 700 pages m'a enchantée: plus l'opus est conséquent et plus je peine à quitter ses personnages à la personnalité si attachante. Une belle aventure de lecture.





mardi 17 août 2010

La tache ~ Philip Roth

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"Coleman Silk, professeur à l'Université d'Athena, a traité deux de ses étudiants noirs toujours absents de spooks, ce qui veut dire invisibles, alors que c'est aussi un terme péjoratif appliqué aux Noirs. C'est le début de l'humiliation pour Silk. L'histoire de l'Amérique moderne, celle de 1940 à 1998 vue à travers l'histoire de ce personnage. Prix Médicis étranger 2002."

 
Silky Silk, le fonceur, le boxeur, qui aurait pu entrer dans la catégorie des professionnels, est un homme très intelligent qui se destine à des études supérieures importantes. Mais il a des origines noires, et dans le contexte américain des années 50, la reconnaissance sociale et professionnelle n'est pas la même pour les blancs et pour les noirs.
 
A l'âge de 27 ans, il décide alors de se faire passer pour un juif blanc et de couper tous les ponts avec sa famille d'East Orange. Un secret qu'il gardera toute sa vie. Un secret dont il ne parlera pas même à sa femme. La naissance de chacun de ses enfants sera l'occasion d'en ressentir la menace terrifiante.
Professeur puis doyen à l'université d'Athéna, il sera traîné dans la boue par ses collègues pour avoir tenu des propos racistes à ses étudiants.
 
C'est l'écrivain Nathan Zuckerman qui écrira l'histoire de ce professeur bafoué, qui n'a pu sauver sa cause et faire carrière, qu'en reniant totalement ses origines.
 
Très beau roman! Bien écrit, bien ficelé, avec une arborescence très riche dans la narration. Tous les personnages sont scrupuleusement épinglés et détaillés, car chacun a un rôle à jouer dans la tragédie d'une vie comme celle de Coleman Silk. Une histoire de vie très forte, où le choix pèse irrémédiablement sur l'existence toute entière du professeur d'université. Un subtil mélange de narrations qui font s'entrecroiser passé et présent pour éclairer le lecteur sur l'histoire de l'Amérique moderne.